Juliette Grange

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mercredi, mai 2 2012

Prochaine conférence : “De la philosophie à l’action politique. Les références à Rousseau et à Auguste Comte dans le kémalisme.”, Colloque Rousseau et la Turquie, Istanbul, 2-5 mai 2011

Lors d’une précédente conférence (“Rousseau et les nationalismes, de Garibaldi à Mustapha Kemal”, Nice, janvier 2011, colloque Rousseau et la Méditerranée, actes sous presses), j’ai abordé la question de l’influence des penseurs français sur les hommes d’action au moment de la naissance des nationalités. Cette conférence est la première étape d’un travail plus général à venir sur les nations, les collectivités imaginaires modernes, le rôle de l’art et de la culture et des références philosophiques dans la constitution des nationalités au XIXe siècle.
Dans le cadre du colloque Rousseau et la Turquie, nous souhaiterions approfondir l’examen des références que fait Kemal à Rousseau. Du point de vue de l’histoire de la philosophie, on focalisera aussi la lecture sur l’usage (souvent conjoint) que fait Kemal à la fois de Rousseau, Montesquieu et Auguste Comte. On le comparera à d’autres usages similaires (Mazzini, Mazarick, Rhigas, …). Outre l’exemplaire annoté du Contrat social, il existe des témoignages indirects de la lecture des penseurs français par Mustapha Kemal, on tentera d’en initier un inventaire.

Programme multilingue : Colloque-R-programme-3vollets-son-valide.pdf

dimanche, avril 15 2012

Dernier ouvrage paru (visitez la bibliothèque pour l'ensemble des ouvrages).

Couverture_Socialismes.jpgTitre : Les Socialismes. Actes du colloque de Cerisy, juin-juillet 2011. Sous la direction de J. Grange et P. Musso

Editeur : Le Bord de l'eau

Date de parution : avril 2012

Lien vers l'éditeur : http://www.editionsbdl.com/

Résumé : utilisé pour la première fois au dix-neuvième siècle, le mot "socialisme" définit un projet d'organisation de la société, une critique des formes de domination et une pensée du changement social. Le socialisme incarne la volonté de créer une société nouvelle, mais à la différence du communisme, sans forcément articuler cette société autour de la suppression totale de la propriété privée. Ce concept a connu un immense succès et une très grande diversité de penseurs s'en réclamera. C'est pourquoi il faut parler "des socialismes" tant les acceptions et les interprétations sont plurielles, voire hétérogènes. "Les socialismes" désignent ainsi prioritairement les corps de doctrines critiques du capitalisme développant des formes d'organisation sociale nouvelles fondées sur la justice, l'égalité et la solidarité.
Cet ouvrage interroge les doctrines socialistes (philosophiques, sociologiques, politiques) des auteurs ou des écoles ayant produit une œuvre permettant ainsi la confrontation avec d'autres problématiques de transformation de la société.
Depuis 1989 et la chute du Mur de Berlin, comment l'idée socialiste a-t-elle été revisitée, reprise par certains ou abandonnée par d'autres ?
Tout en dressant un bilan des apports doctrinaux dans leur diversité théorique et géopolitique, les auteurs tentent de réévaluer et de redéfinir les doctrines socialistes, rendant leur lecture plus que jamais indispensable dans un monde dépourvu de boussole.
Avec les contributions de : Serge Audier, Philippe Béraud, Gilles Candar, Maria Caramez Carlotto, Amaury Catel, Philippe Chanial, Yves Citton, Franck Cormerais, Pierre Crétois, Ricardo Crissiuma, Jean-Numa Ducange, Ruy Fausto, Dimitrios Foufoulas, Juliette Grange, Emmanuel Jousse, Abel Kouvouama, Christian Laval, Gilda Manganaro-Favaretto, Pascal Mercier, Thierry Mérel, Yann Moulier-Boutang, Arno Munster, Pierre Musso, Vincent Peillon, Philippe Régnier, Michèle Riot-Sarcey, Patrick Tacussel, André Tosel, Serge Wolikow, Patrice Yengo.

samedi, février 11 2012

Dernier ouvrage paru (visitez la bibliothèque pour l'ensemble des ouvrages).

Ecologie.jpgTitre : Pour une philosophie de l'écologie

Editeur : Pocket

Collection : Agora

Date de parution : 2012

Lien vers l'éditeur : http://www.pocket.fr/site/decouvrez...

Critique 1 : http://www.franceculture.fr/emissio...

Résumé : La nature et l’environnement sont désormais au centre des préoccupations de tous, mais peinent à entrer dans le discours politique sous une forme cohérente. Mouvement contestataire et libertaire, particulièrement en France, l’écologie politique manque de bases théoriques, préfère les déclarations d’éthique au travail législatif, met en doute l’efficience des institutions et dénonce parfois de manière irréaliste la technique, les sciences, l’industrie. Ce livre propose au contraire d’intégrer la dimension écologique à la philosophie politique moderne et particulièrement à un républicanisme rénové (dans sa version française) et au socialisme compris comme la régulation politique de l’économie. La protection de la nature comme Bien commun sera considérée comme le nouveau visage du Bien public. En annexe, quelques propositions concrètes. Fête de la Terre et service environnemental pour les jeunes.

dimanche, octobre 18 2009

Biographie intellectuelle

Juliette Grange

Juliette Grange, agrégée de philosophie, docteur d’État, Professeur à l’Université de Nancy 2 (philosophie moderne et contemporaine), spécialiste de la pensée française du XIXe siècle. Actuellement mise à disposition de l'Université François Rabelais à Tours.

A enseigné aux Universités d’Amiens et de Strasbourg-Marc Bloch ; Maître de Conférences à l’Institut d’Études Politiques de Paris (Grands enjeux du débat politique économique et social en 3e année) de 1990 à 1994.

Elle a consacré sa thèse (sous la direction de Michel Serres) à Auguste Comte (éditée aux Presses Universitaires de France en 1996 sous le titre La Philosophie d’Auguste Comte, science, politique, religion).

Auteur d’éditions critiques en format de poche de textes de Comte (Petite bibliothèque Payot, Tel Gallimard, G.F. Flammarion). Juliette Grange s’intéresse tout particulièrement à l’articulation entre philosophie des sciences et philosophie politique, au mouvement de sécularisation et à l’apparition des sciences humaines, ainsi qu’à la littérature des XIXe et XXe siècles (Balzac, Musil). Elle a publié un essai général sur les rapports entre science et politique (vus à partir de l’œuvre d’Auguste Comte) : Auguste Comte. La politique et la science, Odile Jacob, sept. 2000 et plus récemment un essai de philosophie politique contemporaine sur l'Idée de république.

lundi, octobre 5 2009

Colloque “Les socialismes”, direction Juliette Grange et Pierre Musso, Cerisy-la-Salle, 27 juin-4 juillet 2011

Le mot socialisme a été utilisé pour la première fois au dix-neuvième siècle. Il définit un projet d'organisation de la société, une critique des formes de domination et une pensée du changement social. Le socialisme est la volonté de créer une société nouvelle, mais à la différence du communisme, sans articuler cette société autour de la suppression de la propriété privée. Ce concept a connu un immense succès; une très grande diversité de penseurs et de courants politiques s'en réclamera. C’est pourquoi il faut parler des socialismes au pluriel, tant les acceptions et les interprétations sont elles-mêmes plurielles, voire hétérogènes. "Les socialismes" désignent ainsi, prioritairement, les corps de doctrines critiques du capitalisme développant des formes d'organisation sociale nouvelles fondées sur la justice, l’égalité et la solidarité.

Ce colloque n’abordera, ni les socialismes "réalisés", ni les politiques socialistes, et n’observera qu’incidemment les mouvements sociaux ou politiques réformistes ou révolutionnaires, se réclamant du "socialisme". Il traitera uniquement des doctrines (philosophiques, sociologiques, politiques), des auteurs ou des écoles ayant produit un corpus de textes, et les confrontera avec d’autres problématiques de transformation de la société. Il fera le point sur les apports doctrinaux dans leur diversité théorique et géopolitique ainsi que sur les tentatives de réévaluer ou de redéfinir les doctrines socialistes. Il se demandera, entre autres, comment, depuis 1989, avec la chute du Mur de Berlin, l’idée socialiste est revisitée, reprise par certains ou abandonnée par d’autres.
Programme du colloque : lien vers le Centre culturel de Cerisy-la-Salle http://www.ccic-cerisy.asso.fr/soci...

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Edito

L'Université. Réconcilier l'Université et le monde de l'entreprise, la rendre performante, internationalement compétitive, demande le Président de la République. Et pourquoi pas après tout ? Pour qui connaît les campus, le manque de secrétariats et tout simplement de moyens de certains établissements d'enseignement supérieur, on se prend à rêver de couloirs propres, de bureaux décents, ... Que la formation intellectuelle soit prise au sérieux, que l'Université à bout de souffle, particulièrement dans les domaines de haute culture (Lettres, philosophie, sciences humaines) soit, comme la haute couture ou la gastronomie française, revendiquée et soutenue comme faisant partie de l'identité de la France. La philosophie, de Descartes à la French Theory, a fait la réputation de notre pays dans le monde entier, le grand public manifeste de l'intérêt pour l'échange d'idées philosophiques. La formation à la citoyenneté, à la discussion critique, la formation tout court, dépendent de ces disciplines, de leur enseignement, de leur diffusion. Hélas, il ne s'agit pas de cela. Réformer signifie détruire ce qui a fait l'intérêt des humanités à la française, la célébrité de ses écrivains, au nom d'un utilitarisme mal compris. Réformer veut dire démanteler le service public d'enseignement, brocarder la culture littéraire au plus niveau de l'État, organiser la mise au pas de ces intellectuels par des Présidents-Managers, car il faut mettre au travail ces fonctionnaires de l'inutile. Pourtant, même les entreprises de haut niveau se trouvent bien depuis quelques temps, de recruter des profils littéraires, suivant l'exemple de la Grande-Bretagne... La formation de la personne, la construction de soi-même par la culture générale, telle est pourtant l'une des tâches essentielles des Universités. Il est vrai que celles-ci peinent actuellement à l'accomplir, et une véritable réforme est nécessaire. Celle que le Président de la République appelle réforme n'est qu'une destruction du peu de sens qui existe encore dans les établissements, sens qui tient essentiellement à la liberté et à l'initiative des enseignants. Les injures méprisantes à leur égard, leur transformation en employés d'une entreprise locale (les Universités indépendantes) détruiront ce qui peut rester de prestige à l'institution. Imaginez Sartre, Foucault, Barthes dépendant de féodalités locales... La compétitivité des Sciences humaines risque de se faire attendre. Quant aux "évaluations", elles ne prennent pas en compte la véritable créativité, difficile à mesurer dans ce domaine, mais qui ne tient sûrement pas au nombre d'articles publiés dans des revues dont les comités de lecture ne sont pas tous exempts de copinage... Imaginez Braudel ou Duby jugés à cette aune (c'est-à-dire en minimisant leurs livres). A ce jeu, Kant ou Rousseau seraient recalés par l'AERES comme "non publiants" !