Juliette Grange

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mercredi, mai 24 2017

Participation au Kiosque de TV5 Monde, le 7 mai 2017.

Au sommaire :
France
En France, la compétition continue et le "mercato" est lancé. Alors que le pays vient de se choisir un nouveau sélectionneur national en la personne d'Emmanuel Macron, quelle sera la composition de l'équipe ? La nomination du numéro 10 et de son gouvernement sera dévoilée en début de semaine. Quelle est la marge de manoeuvre du nouveau président ? La campagne pour les législatives est lancée et elle réunit tous les ingrédients pour être encore plus étonnante que la campagne présidentielle...

République démocratique du Congo
Annoncé pour ce vendredi, le rapatriement depuis Bruxelles du cercueil de l'opposant historique Étienne Tshisekedi a été reporté "sine die". Ses obsèques font l'objet d'un bras-de-fer politique entre pouvoir et opposition. Comment débloquer la situation ? C'est dans ce climat de tension que le nouveau gouvernement a été nommé mardi 9 mai : à peine annoncé et déjà dénoncé.

États-Unis
À la surprise générale, le patron du FBI a été limogé par le Président américain. Donald Trump a-t-il voulu empêcher James Comey d'enquêter sur ses liens avec la Russie ? Quelle est l'importance de ce personnage jugé intouchable au sein des institutions américaines ? Trump a-t-il pris un risque inconsidéré en s'attaquant à cette institution ? Sa décision a provoqué une flambée des paris sur son éventuelle éviction.

Invités :
- Gérard Leclerc, conseiller éditorial à la revue trimestrielle "We Demain"
- Juliette Grange, philosophe politique
- Louis Keumayou, président du Club de l'information africaine
- Thomas Cantaloube, grand reporter pour le site d'information Mediapart

TV5-1
TV5-2
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mardi, mars 28 2017

Conférences 2017 : Qu'est-ce que l'identité culturelle ? Rencontres philosophiques d'Orléans-Tours, Médiathèque d'Orléans, 25 mars 2017

Qu'est-ce que l'identité culturelle ?
La philosophie politique contemporaine, en particulier par la diffusion et la discussion des thèses dites communautaristes, tend essentiellement à proposer de passer d’une perspective universaliste à la reconnaissance politique des cultures et traditions vécues (c’est ce qu’on appelle le multiculturalisme). L’essentiel de la polémique porte, dans une dimension plus morale que politique sur le statut et la dé nition du sujet humain : tient-il son identité, à l’origine, d’un enracinement dans une culture particulière, ou bien est-il libre, autonome du fait de son lien à la raison et à l’universel ?

Programme des rencontres ce jour-là : Journee_du_27_mars_Orleans.pdf

Conférences 2017 : “Que veut dire être républicain en France au milieu du XIXe siècle ?” ANR Saint-simonisme 18-21, Bibliothèque de l'Arsenal, 3 mars 2017

“Que veut dire être républicain en France au milieu du XIXe siècle ?”
La communication tentera de faire le tour de l'acception “républicain” autour de 1848. Qui revendique la République ? De quelle(s) république(s) s'agit-il ? On mettra en évidence la complexité du concept dans cette période mouvante et riche, déterminante pour l'histoire des idées politiques en France autant que pour les pratiques institutionnelles.

Site de la séance d'étude : Programme de la séance du 3 mars

jeudi, février 9 2017

Conférences 2017 : participation au 28 minutes d'ARTE. Médias et politique : Y a-t-il une tyrannie de la transparence ? 8 février 2017.

Médias et politique : Y a-t-il une tyrannie de la transparence ?
Ras-le-bol de l’opinion publique, pression des révélations médiatiques, affaires en cascade… La crise de confiance envers la “classe politique” s’accentue en France. L’exemplarité et la nécessité d’une plus grande transparence occupent le débat présidentiel alors que le candidat Fillon semble s'empêtrer dans sa défense, faute de “plan B” dans son camp. Face à cette défiance, les élus doivent aujourd’hui soutenir une nécessité d’éthique et de visibilité, tout devient public. Dans ce contexte, ils sont confrontés à une surexposition permanente, où une simple zone d’ombre devient potentiellement suspecte. Pour analyser la situation, nous accueillerons ce soir Mr Eric Dupond-Moretti, avocat pénaliste, Juliette Grange, philosophe, et Paul Moreira, journaliste reporter, fondateur de l'agence Premières Lignes.
Site de l'émission : ARTE - 28 minutes

28 minutes ARTE
28 minutes ARTE-2

Conférences 2016 : "Économie, Républicains et républicanistes", Journée d’étude Gouvernement mixte, républicanisme et économie politique, Laboratoires GATE LSE/HiSoMa, Université de Saint-Étienne, 14 décembre 2016.

Économie politique, Républicains et républicanistes
La communication reviendra sur l'efficacité du cadre républicain pour penser et mettre en œuvre une organisation économique qui vise le Bien commun (la Res publica). La république est la mise en droit de principes issus de la révolte contre un ordre social trop inégalitaire. Elle s'est instituée contre l'Ancien Régime politique. Mais les républicains ont aussi peu à peu intégré au cours du XIXe siècle les dimensions sociales et économiques. S'est ainsi dessinée une construction républicaine de la pensée économique qui tente de concilier les principes politiques (liberté, égalité, fraternité) et des contraintes antagonistes nées de l'activité économique (profits/salaires, emploi/rentabilité, etc.). Un cadre qui reste donc d'actualité en ce début de XXIe siècle où les problèmes évoqués s'imposent à nouveau.

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Edito

Néo-conservatisme On a assez fréquemment analysé les mouvements d’extrême droite populistes et traditionnalistes et leur reviviscence récente en France et partout en Europe, mais un mouvement puissant, étranger à l’histoire politique européenne, s’est fait jour depuis la fin des années 1990. Il s’agit d’un néo conservatisme “à la française”, qui a d’abord eu une expression savante et discrète dans le champ intellectuel en sciences humaines et sociales, en philosophie et particulièrement en philosophie des sciences. Dans la réalité institutionnelle, dans la structuration des équipes de recherche, l’attribution des crédits, des postes et des bourses ou allocations de recherche, les financements des publications et des doctorats, un certain nombre de groupes, agissant dans les instances publiques les plus prestigieuses et largement soutenues par des fondations installées à l’étranger, a transformé profondément et façonné idéologiquement quelques champs disciplinaires, dans des disciplines de taille modeste, comme la philosophie, mais à haute valeur symbolique. Cette mainmise, dont le cœur concerne les réformes des systèmes d’enseignement et de recherche, s’attaque aux fondements républicains et laïques de nos sociétés politiques.
Cette attaque peut être analysée en trois strates :
Premièrement, une stratégie de conquête des institutions universitaires et de recherche. L’objectif étant de prendre en main, à petit bruit, un certain nombre d’institutions de formation et de recherche dans des domaines clés où il importe de former les futures élites et décideurs : l’éthique médicale, la philosophie des sciences sont des secteurs particulièrement touchés, mais on a vu apparaître et prospérer une "philosophie de LA religion" (laquelle ?).
Deuxièmement, former l’opinion par exemple en imposant des thèmes dans la grande presse de vulgarisation (Sciences et vie, Le Monde des religions, …) autour de sujets comme Dieu, la quête de sens, les nouvelles sciences, etc. Diffuser un argumentaire anti moderne sur le Net et tenter également d’imposer cet argumentaire dans les médias, voire dans des productions grand public. Il s’agit alors en s’appuyant rhétoriquement sur l’existence d’une production savante (par exemple en philosophie morale) d’en répandre une version populaire dans le corps social à partir de blogs, de revues, de groupes militants. Persuader nos décideurs politiques qu’affirmer publiquement qu’il y a des racines chrétiennes à l’Europe, ou des lois divines supérieures aux lois humaines et permettant de les contester, peut leur attirer un succès électoral.
Troisième strate, donner une expression politique à ce supposé “mouvement social spontané” en étendant les mots d’ordre anti laïques, à la fois ultra conservateurs et ultra libéraux. Des mouvements comme La Manif pour Tous ou le Printemps français témoignent de cette émergence. Sur le mode du Tea Party américain, il s’agit autant de peser sur la vie politique en général que sur la Droite républicaine et de la prendre en otage. Il s’agit de faire imposer par l’État des mots d’ordre fondamentalistes, anti laïques et anti étatistes (paradoxal, mais efficace et dans la lignée de certains courants d’extrême droite – voir l’Espagne et le rôle de l’Opus Dei au sein du P.P.).
Il faut donc d’abord comprendre d’où vient ce néo conservatisme et comment il s’est structuré, en particulier aux États-Unis.
Le néo-conservatisme “à la française” conserve les traits de cette origine, il veut inspirer les politiques gouvernementales, tout en ayant un sens différent du fait de l’histoire institutionnelle française, mais son modus operandi est, sur de nombreux points, semblable. Il vise bien, comme son inspirateur américain, une prise de pouvoir intellectuelle avec l’objectif d’une révolution culturelle et sociale. Néanmoins, son sens politique est un peu différent, du fait entre autres de l’histoire de l’Église catholique et de son rôle, en France et dans les pays latins en particulier. Comme son homologue d’outre-Atlantique, il s’oppose rhétoriquement au constructivisme “artificialiste” moderne, tout en étant lui-même une construction volontaire extrêmement offensive et polémique. Il présente de forts traits de parenté avec ce à quoi il prétend s’opposer (le marxisme, l’étatisme, le modernisme). Contrairement aux apparences, il vise la prise de pouvoir, non le débat d’idées ou la polémique intellectuelle.
Il nous paraît important de l’identifier et en particulier de délimiter nettement conservatisme et néo-conservatisme, libéralisme et néo-libéralisme. Le néo-conservatisme est étranger au conservatisme usuel et également au populisme réactionnaire et nationaliste des partis d’extrême droite. Ce conservatisme new look se présente en effet lui-même comme une rupture novatrice et non comme une continuité. Il se dit dynamique et producteur de transformations à venir. Yves Roucaute, qui est l’un de ses théoriciens en français, le décrit comme « une philosophie joyeuse qui retrouve le sens de l’histoire ».