Juliette Grange

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mardi, avril 17 2018

Conférences 2018 : Les Voix d'Orléans, vendredi 6 avril et samedi 7 avril 2018

Les voix d'Orléans étaient consacrées cette année à l'idée de progrès.

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Le vendredi 6 avril à 17h, le débat s'est engagé avec Thierry Dudok de Wit, Physicien, professeur à l'Université d'Orléans, et Clément Ahouannou, Maître de conférences, Directeur adjoint de l'École polytechnique de Cotonou, spécialiste des énergies renouvelables. Le progrès condamne-t-il la planète ou la sauvera-t-il ? Pierre-Edouard Deldique, journaliste à RFI a animé les échanges.

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Le samedi 7 avril, à 12h, exposé, échanges et débats avec le public autour de philosophie et progrès.
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mardi, avril 10 2018

Conférences 2018 : Petite philosophie du saint-simonisme, France Culture, La grande table, vendredi 6 avril 2018

Le macronisme est-il un saint-simonisme ? La référence à Saint-Simon est fréquente depuis l'élection d'Emmanuel Macron à la Présidence de la République. Est-ce justifié ? Qu'est-ce qui peut rapprocher le penseur du premier XIXe siècle de l'homme politique du XXIe ? Ou au contraire est-ce une comparaison superficielle, voire abusive ? Discussion avec Juliette Grange et Pierre Musso, co-éditeurs des œuvres complètes de Saint-Simon.
Réécouter l'émission

mercredi, avril 4 2018

Conférences 2018 : Les Néoconservateurs, présentation et discussion avec le public, 30 mars 2018, Librairie Thuard, Le Mans

Rencontre avec les lecteurs de la librairie Thuard à l'invitation de l'association Chrétiens en marche 72. Avec la participation du bureau et des bénévoles de l'association et de l'équipe de la librairie.
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mardi, février 20 2018

Conférences 2018 : Les origines américaines du néoconservatisme et les modalités de transposition à l'Europe et à la France, Colloque "Americanis/zation", 8 février 2018, Université de Tours

Les origines américaines du néoconservatisme et les modalités de transposition à l'Europe et à la France
La communication se propose d'exposer les racines américaines du néoconservatisme, à la fois dans le domaine politique et dans le champ religieux, de mettre en évidence les générations successives qui firent évoluer ce mouvement d'idée et de montrer par quels moyens il a pénétré l'Europe et la France dans le cadre d'une "guerre culturelle" passant par une prise de pouvoir intellectuelle sur le débat d'idées.

Lien vers la video : Conférence J. Grange

mercredi, octobre 25 2017

Parution 2017 : Les Néoconservateurs

Neoconservateurs.jpgTitre : Les Néoconservateurs

Éditeur : Agora Pocket

Date de parution : Octobre 2017

Éditeur numérique : www.12-21-editions.fr

Lien vers l'éditeur : https://www.pocket.fr/livres/non-fi...

Résumé : Ce livre s’attache à décrire une variété particulière et peu identifiée d’extrémisme de droite dans sa version française récente. Le néoconservatisme est un puissant mouvement politique qui a d’abord mené une guerre des idées aux États-Unis, et a ensuite essaimé en Europe, en particulier en France depuis une quinzaine d’années. L’enquête exhaustive propose d’identifier un mouvement politique antidémocratique et antirépublicain qui s’exprime dans des Think Tanks, des activités de lobbying et des groupes confessionnels. Ce mouvement a pour principale caractéristique d’affirmer ensemble le néolibéralisme et le retour aux valeurs morales et religieuses. L’État étant chargé d’imposer à la société l’un et l’autre, et à lui-même la mise en œuvre des valeurs du marché. L’ouvrage montre comment le néoconservatisme a émergé de manière discrète, par une guerre des idées dans le champ intellectuel (philosophie et sciences humaines), puis s’est popularisé dans les réseaux sociaux, les blogs et la presse.

Émission France Culture : Le journal de la philo

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Edito

Néo-conservatisme On a assez fréquemment analysé les mouvements d’extrême droite populistes et traditionnalistes et leur reviviscence récente en France et partout en Europe, mais un mouvement puissant, étranger à l’histoire politique européenne, s’est fait jour depuis la fin des années 1990. Il s’agit d’un néo conservatisme “à la française”, qui a d’abord eu une expression savante et discrète dans le champ intellectuel en sciences humaines et sociales, en philosophie et particulièrement en philosophie des sciences. Dans la réalité institutionnelle, dans la structuration des équipes de recherche, l’attribution des crédits, des postes et des bourses ou allocations de recherche, les financements des publications et des doctorats, un certain nombre de groupes, agissant dans les instances publiques les plus prestigieuses et largement soutenues par des fondations installées à l’étranger, a transformé profondément et façonné idéologiquement quelques champs disciplinaires, dans des disciplines de taille modeste, comme la philosophie, mais à haute valeur symbolique. Cette mainmise, dont le cœur concerne les réformes des systèmes d’enseignement et de recherche, s’attaque aux fondements républicains et laïques de nos sociétés politiques.
Cette attaque peut être analysée en trois strates :
Premièrement, une stratégie de conquête des institutions universitaires et de recherche. L’objectif étant de prendre en main, à petit bruit, un certain nombre d’institutions de formation et de recherche dans des domaines clés où il importe de former les futures élites et décideurs : l’éthique médicale, la philosophie des sciences sont des secteurs particulièrement touchés, mais on a vu apparaître et prospérer une "philosophie de LA religion" (laquelle ?).
Deuxièmement, former l’opinion par exemple en imposant des thèmes dans la grande presse de vulgarisation (Sciences et vie, Le Monde des religions, …) autour de sujets comme Dieu, la quête de sens, les nouvelles sciences, etc. Diffuser un argumentaire anti moderne sur le Net et tenter également d’imposer cet argumentaire dans les médias, voire dans des productions grand public. Il s’agit alors en s’appuyant rhétoriquement sur l’existence d’une production savante (par exemple en philosophie morale) d’en répandre une version populaire dans le corps social à partir de blogs, de revues, de groupes militants. Persuader nos décideurs politiques qu’affirmer publiquement qu’il y a des racines chrétiennes à l’Europe, ou des lois divines supérieures aux lois humaines et permettant de les contester, peut leur attirer un succès électoral.
Troisième strate, donner une expression politique à ce supposé “mouvement social spontané” en étendant les mots d’ordre anti laïques, à la fois ultra conservateurs et ultra libéraux. Des mouvements comme La Manif pour Tous ou le Printemps français témoignent de cette émergence. Sur le mode du Tea Party américain, il s’agit autant de peser sur la vie politique en général que sur la Droite républicaine et de la prendre en otage. Il s’agit de faire imposer par l’État des mots d’ordre fondamentalistes, anti laïques et anti étatistes (paradoxal, mais efficace et dans la lignée de certains courants d’extrême droite – voir l’Espagne et le rôle de l’Opus Dei au sein du P.P.).
Il faut donc d’abord comprendre d’où vient ce néo conservatisme et comment il s’est structuré, en particulier aux États-Unis.
Le néo-conservatisme “à la française” conserve les traits de cette origine, il veut inspirer les politiques gouvernementales, tout en ayant un sens différent du fait de l’histoire institutionnelle française, mais son modus operandi est, sur de nombreux points, semblable. Il vise bien, comme son inspirateur américain, une prise de pouvoir intellectuelle avec l’objectif d’une révolution culturelle et sociale. Néanmoins, son sens politique est un peu différent, du fait entre autres de l’histoire de l’Église catholique et de son rôle, en France et dans les pays latins en particulier. Comme son homologue d’outre-Atlantique, il s’oppose rhétoriquement au constructivisme “artificialiste” moderne, tout en étant lui-même une construction volontaire extrêmement offensive et polémique. Il présente de forts traits de parenté avec ce à quoi il prétend s’opposer (le marxisme, l’étatisme, le modernisme). Contrairement aux apparences, il vise la prise de pouvoir, non le débat d’idées ou la polémique intellectuelle.
Il nous paraît important de l’identifier et en particulier de délimiter nettement conservatisme et néo-conservatisme, libéralisme et néo-libéralisme. Le néo-conservatisme est étranger au conservatisme usuel et également au populisme réactionnaire et nationaliste des partis d’extrême droite. Ce conservatisme new look se présente en effet lui-même comme une rupture novatrice et non comme une continuité. Il se dit dynamique et producteur de transformations à venir. Yves Roucaute, qui est l’un de ses théoriciens en français, le décrit comme « une philosophie joyeuse qui retrouve le sens de l’histoire ».