Juliette Grange

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mercredi, octobre 25 2017

Parution 2017 : Les Néoconservateurs

Neoconservateurs.jpgTitre : Les Néoconservateurs

Éditeur : Agora Pocket

Date de parution : Octobre 2017

Éditeur numérique : www.12-21-editions.fr

Lien vers l'éditeur : https://www.pocket.fr/livres/non-fi...

Résumé : Ce livre s’attache à décrire une variété particulière et peu identifiée d’extrémisme de droite dans sa version française récente. Le néoconservatisme est un puissant mouvement politique qui a d’abord mené une guerre des idées aux États-Unis, et a ensuite essaimé en Europe, en particulier en France depuis une quinzaine d’années. L’enquête exhaustive propose d’identifier un mouvement politique antidémocratique et antirépublicain qui s’exprime dans des Think Tanks, des activités de lobbying et des groupes confessionnels. Ce mouvement a pour principale caractéristique d’affirmer ensemble le néolibéralisme et le retour aux valeurs morales et religieuses. L’État étant chargé d’imposer à la société l’un et l’autre, et à lui-même la mise en œuvre des valeurs du marché. L’ouvrage montre comment le néoconservatisme a émergé de manière discrète, par une guerre des idées dans le champ intellectuel (philosophie et sciences humaines), puis s’est popularisé dans les réseaux sociaux, les blogs et la presse.

Émission France Culture : Le journal de la philo

mardi, octobre 24 2017

Conférences 2017 : Le néoconservatisme, 6 décembre 2017, Université de Valparaiso

Le néoconservatisme
Qu'est ce que le néoconservatisme ? Une construction politique originale qui mêle le néolibéralisme économique et le retour à des valeurs religieuses traditionnelles et même traditionalistes. L'État est considéré comme l'outil d'imposition de l'un et l'autre et doit lui-même se plier à une logique de gestion et d'action qui est celle de l'entreprise. Ce courant politique est désormais présent dans les deux Amériques et en Europe occidentale. La conférence se propose donc d'explorer les bases théoriques et les origines américaines du néoconservatisme.

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Conférences 2017 : Auguste Comte, Science, politique, religion, 4 décembre 2017, Université de Valparaiso

Auguste Comte, Science, politique, religion
La conférence se donne pour but de présenter la cohérence de la philosophie positive construite par Auguste Comte. Philosophie de l'histoire, elle constitue un des grands systèmes philosophiques du XIXe siècle, équivalent français de l'œuvre d'Hegel outre-Rhin. Sa spécificité tient particulièrement dans le rôle que Comte fait tenir aux sciences dont à la fois il établit une classification (de la plus abstraite à la plus humaine, la science de l'homme ou sociologie, terme qu'il invente) et met en avant le rôle social qui est le leur. En sort non seulement un monde fondé sur une nouvelle conception de la vérité, mais aussi une opinion publique et une spiritualité nouvelle. Le positivisme n'est donc pas un froid scientisme, mais au contraire une conception morale et religieuse de l'Humanité.

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Conférences 2017 : L'idée républicaine aujourd'hui, IEA de Nantes, 24 octobre 2017

L'idée républicaine aujourd'hui

La conférence se donne pour objectif de répondre à cette question : Pourquoi parler aujourd’hui du républicanisme français ?
En premier lieu pour ôter ce concept de l’usage idéologique qu’en fait la droite extrême en France.
En deuxième lieu pour questionner le modèle politique français mis en cause actuellement dans les pratiques politiques mais aussi par historiens et philosophes.
Troisièmement pour comparer républicanisme français (peu théorisé depuis les travaux de Claude Nicolet) et républicanistes anglo-saxons, seule philosophie du républicanisme actuellement développée en France dans la vie académique.

On examinera successivement les questions et problèmes suivants : qu’est-ce que représenter ? Peuple et République ; la séparation des pouvoirs, la dépersonnalisation ; l'autonomie du sujet, la liberté de l'individu en philosophie politique contemporaine.

Site de l'IEA : Conférences de l'IEA

vendredi, juin 30 2017

Série de conférences à l'Université Nihon - Tokyo - Mai-Juin 2017

Professeur invité à l'Université Nihon de Tokyo pour une série de trois conférences devant les étudiants de droit et sciences sociales.

  • Qu'est-ce que l'homme ? Philosophie et sociologie chez Auguste Comte
  • Saint-Simon, entre libéralisme et socialisme
  • La laïcité, une idée française ?


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Edito

Néo-conservatisme On a assez fréquemment analysé les mouvements d’extrême droite populistes et traditionnalistes et leur reviviscence récente en France et partout en Europe, mais un mouvement puissant, étranger à l’histoire politique européenne, s’est fait jour depuis la fin des années 1990. Il s’agit d’un néo conservatisme “à la française”, qui a d’abord eu une expression savante et discrète dans le champ intellectuel en sciences humaines et sociales, en philosophie et particulièrement en philosophie des sciences. Dans la réalité institutionnelle, dans la structuration des équipes de recherche, l’attribution des crédits, des postes et des bourses ou allocations de recherche, les financements des publications et des doctorats, un certain nombre de groupes, agissant dans les instances publiques les plus prestigieuses et largement soutenues par des fondations installées à l’étranger, a transformé profondément et façonné idéologiquement quelques champs disciplinaires, dans des disciplines de taille modeste, comme la philosophie, mais à haute valeur symbolique. Cette mainmise, dont le cœur concerne les réformes des systèmes d’enseignement et de recherche, s’attaque aux fondements républicains et laïques de nos sociétés politiques.
Cette attaque peut être analysée en trois strates :
Premièrement, une stratégie de conquête des institutions universitaires et de recherche. L’objectif étant de prendre en main, à petit bruit, un certain nombre d’institutions de formation et de recherche dans des domaines clés où il importe de former les futures élites et décideurs : l’éthique médicale, la philosophie des sciences sont des secteurs particulièrement touchés, mais on a vu apparaître et prospérer une "philosophie de LA religion" (laquelle ?).
Deuxièmement, former l’opinion par exemple en imposant des thèmes dans la grande presse de vulgarisation (Sciences et vie, Le Monde des religions, …) autour de sujets comme Dieu, la quête de sens, les nouvelles sciences, etc. Diffuser un argumentaire anti moderne sur le Net et tenter également d’imposer cet argumentaire dans les médias, voire dans des productions grand public. Il s’agit alors en s’appuyant rhétoriquement sur l’existence d’une production savante (par exemple en philosophie morale) d’en répandre une version populaire dans le corps social à partir de blogs, de revues, de groupes militants. Persuader nos décideurs politiques qu’affirmer publiquement qu’il y a des racines chrétiennes à l’Europe, ou des lois divines supérieures aux lois humaines et permettant de les contester, peut leur attirer un succès électoral.
Troisième strate, donner une expression politique à ce supposé “mouvement social spontané” en étendant les mots d’ordre anti laïques, à la fois ultra conservateurs et ultra libéraux. Des mouvements comme La Manif pour Tous ou le Printemps français témoignent de cette émergence. Sur le mode du Tea Party américain, il s’agit autant de peser sur la vie politique en général que sur la Droite républicaine et de la prendre en otage. Il s’agit de faire imposer par l’État des mots d’ordre fondamentalistes, anti laïques et anti étatistes (paradoxal, mais efficace et dans la lignée de certains courants d’extrême droite – voir l’Espagne et le rôle de l’Opus Dei au sein du P.P.).
Il faut donc d’abord comprendre d’où vient ce néo conservatisme et comment il s’est structuré, en particulier aux États-Unis.
Le néo-conservatisme “à la française” conserve les traits de cette origine, il veut inspirer les politiques gouvernementales, tout en ayant un sens différent du fait de l’histoire institutionnelle française, mais son modus operandi est, sur de nombreux points, semblable. Il vise bien, comme son inspirateur américain, une prise de pouvoir intellectuelle avec l’objectif d’une révolution culturelle et sociale. Néanmoins, son sens politique est un peu différent, du fait entre autres de l’histoire de l’Église catholique et de son rôle, en France et dans les pays latins en particulier. Comme son homologue d’outre-Atlantique, il s’oppose rhétoriquement au constructivisme “artificialiste” moderne, tout en étant lui-même une construction volontaire extrêmement offensive et polémique. Il présente de forts traits de parenté avec ce à quoi il prétend s’opposer (le marxisme, l’étatisme, le modernisme). Contrairement aux apparences, il vise la prise de pouvoir, non le débat d’idées ou la polémique intellectuelle.
Il nous paraît important de l’identifier et en particulier de délimiter nettement conservatisme et néo-conservatisme, libéralisme et néo-libéralisme. Le néo-conservatisme est étranger au conservatisme usuel et également au populisme réactionnaire et nationaliste des partis d’extrême droite. Ce conservatisme new look se présente en effet lui-même comme une rupture novatrice et non comme une continuité. Il se dit dynamique et producteur de transformations à venir. Yves Roucaute, qui est l’un de ses théoriciens en français, le décrit comme « une philosophie joyeuse qui retrouve le sens de l’histoire ».