Juliette Grange

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dimanche, juillet 5 2020

Parutions 2020 : Expostion de la doctrine de Saint-Simon (Extraits), introductions par J. Grange et P. Musso, Préface de V.Peillon, Le Bord de l'Eau, Juillet 2020

Saint-Simon n'avait donné aucun exposé achevé de sa doctrine, les idées qui sont les siennes ont évolué au cours des quelques dix années de propagande intense en direction des milieux politiques, scientifiques et industriels. Les disciples qu'il laisse derrière lui se sont attachés après sa mort en 1825 à construire une pensée pleinement articulée. L'ouvrage que nous publions se présente comme une transcription très retravaillée des dix-sept leçons tenues durant les cours de l'école saint-simonienne entre 1828 et 1929, puis entre 1830 et 1831 (essentiellement pour cette période à propos de la dimension religieuse du saint-simonisme).
Cet ouvrage nous semble particulièrement utile pour l'intelligence du socialisme, et du socialisme français en particulier.
La première année de la Doctrine de Saint-Simon éclaire la genèse de la pensée de Marx. Cette œuvre a en effet prolongé son existence de façon souterraine dans la théorie marxiste promise au destin historique que l’on sait.
Le résumé de la sixième conférence parle de lui-même quand on garde en tête le début du Manifeste communiste : « L'homme a jusqu'ici exploité l'homme. Maîtres, esclaves; patriciens, plébéiens; seigneurs, serfs; propriétaires, fermiers; oisifs et travailleurs, voilà l'histoire progressive de l'humanité jusqu'à nos jours; Association universelle, voilà notre avenir ; à chacun suivant sa capacité, à chaque capacité suivant ses œuvres, voilà le droit nouveau, qui remplace celui de la conquête et de la naissance ; l'homme n'exploite plus l'homme ; mais l'homme associé à l'homme, exploite le monde livré à sa puissance ».
C'est donc à une redécouverte de “la Bible du socialisme” que le lecteur est invité.

Voir le flyer

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samedi, juin 6 2020

Interview Magazine Causette : "Un monde sans ville est-il possible ?, Mai 2020.

Dans le numéro de Mai du magazine Causette, la journaliste Alizée Vincent pose la question et interroge géographes, urbanistes, philosophes pour éclairer les réponses passées et présentes à la question. Une interrogation stimulante !

Voir l'article : Causette

vendredi, avril 24 2020

Interview dans la revue en ligne QQF, 20 avril 2020 : le jour d'après ; renoncer à la mise à disposition du monde, pas au plaisir

Interview avec la journaliste Juliette Démas.

Auteure de l’essai « Pour une Philosophie de l’écologie », Juliette Grange analyse les effets de la crise sur notre prise de conscience écologique et réclame davantage de courage politique.

Accéder à l'article : Interview QQF
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samedi, avril 4 2020

Parutions 2020 : Comte et l'Europe, Editions Le Manuscrit

Parmi les philosophes qui ont défini, au-delà des États nations, l’Europe comme une entité sociale et culturelle, Auguste Comte est l’un de ceux dont la pensée est la plus complexe et la plus puissante. L’Europe n’est pas une entité géographiquement limitée, elle n’a pas d’identité. Elle est un mouvement, un idéal, un cheminement vers cet idéal. De l’Empire romain à Charlemagne, du christianisme médiéval à la révolution scientifique et technique, de l’humanisme moderne (habeas corpus, respect de la libre pensée) jusqu’à la spiritualité future, l’humanité est en marche vers elle-même. À partir de l’Europe, elle devient ce qu’elle est : pacifique, prospère et attachée aux valeurs de respect de la vie spirituelle et physique des personnes.
Car pour le philosophe, il existe deux pouvoirs, à la fois complémentaires et antagonistes : le pouvoir temporel – longtemps militaire, plus tard économique et industriel, le pouvoir spirituel – longtemps religieux, puis intellectuel, scientifique et culturel. L’Europe en paix des chercheurs, des médecins, des ingénieurs et des artistes, l’Universitas européenne, ou la République occidentale selon l’expression de Comte, est un idéal. Cet idéal, l’Europe a pour vocation de le transmettre au monde.

Parution Mars 2020 : Flyer parution et commande

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samedi, janvier 4 2020

Conférences 2019 : Petite philosophie de la machine à capturer des images : la photographie, colloque “Machines sympathiques”, Université de Tours, 23 octobre 2019.

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Petite philosophie de la machine à capturer les images

Au moment de la première révolution industrielle, une étrange machine inventée et perfectionnée entre autres par Daguerre, dispute à l’art la capacité à représenter le monde. Les savants (Arago) sont à la manœuvre pour faire reconnaître par l’État l’intérêt scientifique et artistique de l’appareil photographique.
La nouvelle machine n’est pas un simple moyen, elle transforme et modifie l’en- semble de la culture et de la vie sociale. S’ouvre une ère où la machine à reproduire la réalité, en phase avec le positivisme, s’impose pour un inventaire scientifique du monde (en archéologie en particulier). Elle est aussi un « ornement de la masse » (Kracauer) présent dans le tourisme naissant, les rituels familiaux. L’administration des populations en fait un instrument d’identification. L’art se transforme puisqu’il n’est plus en charge de l’exactitude de la représentation.
Encore aujourd’hui et sous d’autres formes, du selfie au photomaton, de facebook aux images du cosmos, la photographie donne à voir les rapports complexes à la technique qu’entretiennent les sociétés de masse mondialisées.

Colloque du 23 au 25 octobre 2019, organisé à l'Université de Tours.

Voir le programme entier : Machines sympathiques, programme.pdf

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Edito

Néo-conservatisme On a assez fréquemment analysé les mouvements d’extrême droite populistes et traditionnalistes et leur reviviscence récente en France et partout en Europe, mais un mouvement puissant, étranger à l’histoire politique européenne, s’est fait jour depuis la fin des années 1990. Il s’agit d’un néo conservatisme “à la française”, qui a d’abord eu une expression savante et discrète dans le champ intellectuel en sciences humaines et sociales, en philosophie et particulièrement en philosophie des sciences. Dans la réalité institutionnelle, dans la structuration des équipes de recherche, l’attribution des crédits, des postes et des bourses ou allocations de recherche, les financements des publications et des doctorats, un certain nombre de groupes, agissant dans les instances publiques les plus prestigieuses et largement soutenues par des fondations installées à l’étranger, a transformé profondément et façonné idéologiquement quelques champs disciplinaires, dans des disciplines de taille modeste, comme la philosophie, mais à haute valeur symbolique. Cette mainmise, dont le cœur concerne les réformes des systèmes d’enseignement et de recherche, s’attaque aux fondements républicains et laïques de nos sociétés politiques.
Cette attaque peut être analysée en trois strates :
Premièrement, une stratégie de conquête des institutions universitaires et de recherche. L’objectif étant de prendre en main, à petit bruit, un certain nombre d’institutions de formation et de recherche dans des domaines clés où il importe de former les futures élites et décideurs : l’éthique médicale, la philosophie des sciences sont des secteurs particulièrement touchés, mais on a vu apparaître et prospérer une "philosophie de LA religion" (laquelle ?).
Deuxièmement, former l’opinion par exemple en imposant des thèmes dans la grande presse de vulgarisation (Sciences et vie, Le Monde des religions, …) autour de sujets comme Dieu, la quête de sens, les nouvelles sciences, etc. Diffuser un argumentaire anti moderne sur le Net et tenter également d’imposer cet argumentaire dans les médias, voire dans des productions grand public. Il s’agit alors en s’appuyant rhétoriquement sur l’existence d’une production savante (par exemple en philosophie morale) d’en répandre une version populaire dans le corps social à partir de blogs, de revues, de groupes militants. Persuader nos décideurs politiques qu’affirmer publiquement qu’il y a des racines chrétiennes à l’Europe, ou des lois divines supérieures aux lois humaines et permettant de les contester, peut leur attirer un succès électoral.
Troisième strate, donner une expression politique à ce supposé “mouvement social spontané” en étendant les mots d’ordre anti laïques, à la fois ultra conservateurs et ultra libéraux. Des mouvements comme La Manif pour Tous ou le Printemps français témoignent de cette émergence. Sur le mode du Tea Party américain, il s’agit autant de peser sur la vie politique en général que sur la Droite républicaine et de la prendre en otage. Il s’agit de faire imposer par l’État des mots d’ordre fondamentalistes, anti laïques et anti étatistes (paradoxal, mais efficace et dans la lignée de certains courants d’extrême droite – voir l’Espagne et le rôle de l’Opus Dei au sein du P.P.).
Il faut donc d’abord comprendre d’où vient ce néo conservatisme et comment il s’est structuré, en particulier aux États-Unis.
Le néo-conservatisme “à la française” conserve les traits de cette origine, il veut inspirer les politiques gouvernementales, tout en ayant un sens différent du fait de l’histoire institutionnelle française, mais son modus operandi est, sur de nombreux points, semblable. Il vise bien, comme son inspirateur américain, une prise de pouvoir intellectuelle avec l’objectif d’une révolution culturelle et sociale. Néanmoins, son sens politique est un peu différent, du fait entre autres de l’histoire de l’Église catholique et de son rôle, en France et dans les pays latins en particulier. Comme son homologue d’outre-Atlantique, il s’oppose rhétoriquement au constructivisme “artificialiste” moderne, tout en étant lui-même une construction volontaire extrêmement offensive et polémique. Il présente de forts traits de parenté avec ce à quoi il prétend s’opposer (le marxisme, l’étatisme, le modernisme). Contrairement aux apparences, il vise la prise de pouvoir, non le débat d’idées ou la polémique intellectuelle.
Il nous paraît important de l’identifier et en particulier de délimiter nettement conservatisme et néo-conservatisme, libéralisme et néo-libéralisme. Le néo-conservatisme est étranger au conservatisme usuel et également au populisme réactionnaire et nationaliste des partis d’extrême droite. Ce conservatisme new look se présente en effet lui-même comme une rupture novatrice et non comme une continuité. Il se dit dynamique et producteur de transformations à venir. Yves Roucaute, qui est l’un de ses théoriciens en français, le décrit comme « une philosophie joyeuse qui retrouve le sens de l’histoire ».