Juliette Grange

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi, janvier 3 2019

Grand Talk TV Tours, 13 décembre 2018

Y aura-til un avant et un après Gilets jaunes ?

TV_Tours.png Revoir l'émission : Le grand talk

mardi, janvier 1 2019

Conférences 2018 : Débat organisé par l'association MAP, "En vert et contre tout", Université d'Orléans, 20 novembre 2018

Comment intégrer l'écologie dans les programmes politiques, au niveau local comme international, comment en faire un axe de développement des entreprises et de l'économie ? Des questions urgentes qui doivent être débattues par les citoyens, les acteurs politiques, la presse, les chefs d'entreprise, les scientifiques. Et en commençant par les futurs décideurs, les étudiants actuels.
L'association MAP de l'Université d'Orléans a donc organisé une rencontre-débat entre acteurs, décideurs, penseurs et étudiants. Une occasion d'échanges enrichissants et de croisement des différents points de vue, un exercice civique indispensable et rafraîchissant !

Voir la page de présentation : MAP Université d'Orléans

dimanche, décembre 30 2018

Conférences 2018 : Les nuits des philosophes, 9 et 10 novembre 2018, Rabat et Casablanca, Institut français du Maroc.

Deux soirées prolongées de dialogues entre philosophes, de débats, d'échanges et de discussions, en français et en arabe. Mais aussi des rencontres avec des lycéens, des questionnements entre générations et pays différents. Une expérience intéressante et riche.

Conférence sur l'argent dans le cadre de la soirée "Affects, politique et économie".
"L’argent, immatériel, circule. Il est le support de tous les échanges, un convertisseur universel. Moyen (Aristote), il est devenu une fin (Marx), multiplié dans la chrématistique et la spéculation capitalistique. Quelle est l’essence de cet “outil pur et indifférent” (Simmel), de ce Dieu vivant de la spéculation mondiale, éblouissante fiction qui circule sans trêve ? Cette conférence mêlera ressources philosophiques, littéraires et religieuses."
Discussion avec Driss Khrouz, de l'Université de Rabat.

Feuilleter le programme des nuits : les nuits des philosophes

lundi, août 27 2018

Reparution 2018 : L'idée de République

Indisponible depuis quelque temps, L'idée de République est rééditée par Agora pocket.
République2Nom du Livre : L'idée de République

Editeur : Hachette

Collection : Agora Pocket

Date de parution : 2018
Résumé : Cet ouvrage fait le point sur l'idée républicaine telle qu'elle s'est exprimée et incarnée du XVIIIe au XXe siècle. Il met à la portée d'un lecteur non spécialiste les références philosophiques sur la question, permet de s'interroger sur la séparation des pouvoirs, la présidentialisation du régime, la représentation démocratique. Avec la distance de la réflexion, l'ouvrage traverse toutes les thématiques contemporaines, l'individualisme, le socialisme, le rapport entre économie et politique. Si ce livre veut amener à réfléchir plutôt que proposer un programme ou des solutions, il s'inscrit en faux contre la mise au pilori de l'idéal républicain au nom du réalisme économique. Et en propose la traduction dans le monde d'aujourd'hui : une république européenne et une définition de l'environnement comme bien public.
Préface inédite de Vincent Peillon - Postface inédite de l'auteur

mardi, avril 17 2018

Conférences 2018 : Les Voix d'Orléans, vendredi 6 avril et samedi 7 avril 2018

Les voix d'Orléans étaient consacrées cette année à l'idée de progrès.

Voix_d__Orleans_programme.jpg

Le vendredi 6 avril à 17h, le débat s'est engagé avec Thierry Dudok de Wit, Physicien, professeur à l'Université d'Orléans, et Clément Ahouannou, Maître de conférences, Directeur adjoint de l'École polytechnique de Cotonou, spécialiste des énergies renouvelables. Le progrès condamne-t-il la planète ou la sauvera-t-il ? Pierre-Edouard Deldique, journaliste à RFI a animé les échanges.

Voix_d__Orleans_1.jpg

Le samedi 7 avril, à 12h, exposé, échanges et débats avec le public autour de philosophie et progrès.
Voix_d__Orleans_2.jpg

- page 1 de 28

Accueil

Edito

Néo-conservatisme On a assez fréquemment analysé les mouvements d’extrême droite populistes et traditionnalistes et leur reviviscence récente en France et partout en Europe, mais un mouvement puissant, étranger à l’histoire politique européenne, s’est fait jour depuis la fin des années 1990. Il s’agit d’un néo conservatisme “à la française”, qui a d’abord eu une expression savante et discrète dans le champ intellectuel en sciences humaines et sociales, en philosophie et particulièrement en philosophie des sciences. Dans la réalité institutionnelle, dans la structuration des équipes de recherche, l’attribution des crédits, des postes et des bourses ou allocations de recherche, les financements des publications et des doctorats, un certain nombre de groupes, agissant dans les instances publiques les plus prestigieuses et largement soutenues par des fondations installées à l’étranger, a transformé profondément et façonné idéologiquement quelques champs disciplinaires, dans des disciplines de taille modeste, comme la philosophie, mais à haute valeur symbolique. Cette mainmise, dont le cœur concerne les réformes des systèmes d’enseignement et de recherche, s’attaque aux fondements républicains et laïques de nos sociétés politiques.
Cette attaque peut être analysée en trois strates :
Premièrement, une stratégie de conquête des institutions universitaires et de recherche. L’objectif étant de prendre en main, à petit bruit, un certain nombre d’institutions de formation et de recherche dans des domaines clés où il importe de former les futures élites et décideurs : l’éthique médicale, la philosophie des sciences sont des secteurs particulièrement touchés, mais on a vu apparaître et prospérer une "philosophie de LA religion" (laquelle ?).
Deuxièmement, former l’opinion par exemple en imposant des thèmes dans la grande presse de vulgarisation (Sciences et vie, Le Monde des religions, …) autour de sujets comme Dieu, la quête de sens, les nouvelles sciences, etc. Diffuser un argumentaire anti moderne sur le Net et tenter également d’imposer cet argumentaire dans les médias, voire dans des productions grand public. Il s’agit alors en s’appuyant rhétoriquement sur l’existence d’une production savante (par exemple en philosophie morale) d’en répandre une version populaire dans le corps social à partir de blogs, de revues, de groupes militants. Persuader nos décideurs politiques qu’affirmer publiquement qu’il y a des racines chrétiennes à l’Europe, ou des lois divines supérieures aux lois humaines et permettant de les contester, peut leur attirer un succès électoral.
Troisième strate, donner une expression politique à ce supposé “mouvement social spontané” en étendant les mots d’ordre anti laïques, à la fois ultra conservateurs et ultra libéraux. Des mouvements comme La Manif pour Tous ou le Printemps français témoignent de cette émergence. Sur le mode du Tea Party américain, il s’agit autant de peser sur la vie politique en général que sur la Droite républicaine et de la prendre en otage. Il s’agit de faire imposer par l’État des mots d’ordre fondamentalistes, anti laïques et anti étatistes (paradoxal, mais efficace et dans la lignée de certains courants d’extrême droite – voir l’Espagne et le rôle de l’Opus Dei au sein du P.P.).
Il faut donc d’abord comprendre d’où vient ce néo conservatisme et comment il s’est structuré, en particulier aux États-Unis.
Le néo-conservatisme “à la française” conserve les traits de cette origine, il veut inspirer les politiques gouvernementales, tout en ayant un sens différent du fait de l’histoire institutionnelle française, mais son modus operandi est, sur de nombreux points, semblable. Il vise bien, comme son inspirateur américain, une prise de pouvoir intellectuelle avec l’objectif d’une révolution culturelle et sociale. Néanmoins, son sens politique est un peu différent, du fait entre autres de l’histoire de l’Église catholique et de son rôle, en France et dans les pays latins en particulier. Comme son homologue d’outre-Atlantique, il s’oppose rhétoriquement au constructivisme “artificialiste” moderne, tout en étant lui-même une construction volontaire extrêmement offensive et polémique. Il présente de forts traits de parenté avec ce à quoi il prétend s’opposer (le marxisme, l’étatisme, le modernisme). Contrairement aux apparences, il vise la prise de pouvoir, non le débat d’idées ou la polémique intellectuelle.
Il nous paraît important de l’identifier et en particulier de délimiter nettement conservatisme et néo-conservatisme, libéralisme et néo-libéralisme. Le néo-conservatisme est étranger au conservatisme usuel et également au populisme réactionnaire et nationaliste des partis d’extrême droite. Ce conservatisme new look se présente en effet lui-même comme une rupture novatrice et non comme une continuité. Il se dit dynamique et producteur de transformations à venir. Yves Roucaute, qui est l’un de ses théoriciens en français, le décrit comme « une philosophie joyeuse qui retrouve le sens de l’histoire ».